Les sciences du climat, fondées sur des connaissances de plus de deux siècles, démontrent que l’augmentation du CO2 anthropique entraine un réchauffement climatique. « Il est sans équivoque que l'influence humaine a réchauffé l'atmosphère, l'océan et la terre » (GIEC, AR6, 2021). Ce consensus scientifique repose sur des formules physiques éprouvées et des milliers d’articles scientifiques publiés.
Différents mécanismes influencent le climat :
Les humains sont la principale cause des changements climatiques récents, principalement en raison de l'augmentation des GES et des aérosols issus de leurs activités&thinsp. Les modèles climatiques ne reproduisent le réchauffement observé que lorsqu’ils incluent l’influence humaine, confirmant que les processus naturels ne peuvent l’expliquer. Le taux de réchauffement actuel dépasse celui des 2'000 dernières années, renforçant cette conclusion.
Les GES, notamment le CO2, ont considérablement augmenté depuis 1750, entrainant une hausse du bilan radiatif, donc des températures. Contrairement à la vapeur d’eau, dont la concentration est stable, les GES à longue durée de vie, comme le CO2, perturbent le système climatique sur des millions d’années, et l’ajout continu de GES empêche le système de s’ajuster.
Les changements climatiques représentent l'un des défis majeurs de notre époque.
La Suisse subit une ampliciation alpine : en effet, en raison de son éloignement des océans, de sa topographie et de la réduction de l'albédo (fonte des neiges et des glaciers), elle se réchauffe environ deux fois plus vite que la moyenne mondiale. MétéoSuisse (« Climate CH2025 ») remarque que dans un monde à +3 °C :
En 2023, les émissions de GES de la Suisse s'élveaient à 41,3 millions de tonnes d'équivalent CO2, ce qui représente une réduction de 22,3 % par rapport à 1990.
Les principales sources d'émissions de GES en Suisse sont (2024) :
La Suisse est une petite économie ouverte et étroitement intégrée au commerce mondial. Par conséquent, il est important de prendre en compte non seulement les émissions nationales, mais aussi celles générées à l'étranger par la demande finale suisse. Compte tenu de la part importante de biens importés, une grande partie de l’empreinte de gaz à effet de serre est générée à l’étranger. En 2023, les émissions territoriales ci-dessus ne représentaient qu'un quart des émissions totales de la Suisse. En 2023, l'empreinte de GES par personne s'élevait à environ 14,8 tonnes d'équivalents CO2. Cela dépasse de loin un niveau compatible avec les limites planétaires.
Les changements environnementaux affectent tous les aspects de nos sociétés et de notre environnement. Le changement du climat n'est pas un risque futur abstrait : ses effets sont déjà mesurables en Suisse. Pour une commune, il s'agit de comprendre comment ces impacts changent structurellement le territoire. Comprendre ces impacts, c'est savoir adapter les projets. Ces tendances suisses impactent directement la durabilité des infrastructures et l'aménagement du territoire vaudois. La variabilité d'une année à l'autre restera forte, mais la tendance de fond est claire et documentée. Le Plan cimat vaudois de 2e génération (État de Vaud, 2025:8-9) en détaille les manifestations concrètes sur le territoire.
Si les interdictions de feux en forêt étaient rares avant les années 2000, elles sont désormais courantes et durent en moyenne deux semaines chaque année. Les phases de sècheresses répétées augmentent la vulnérabilité des forêts vaudoises.
En 2022, les sources de la Venoge, à L’Isle, se sont taries en raison de la sècheresse et de la canicule. Plus en aval, le débit de la rivière a atteint des niveaux d’étiage (c’est à-dire des débits minimaux) jamais vus auparavant. Ces situations sont critiques pour les écosystèmes, l’agriculture ou la production hydroélectrique.
La multiplication des évènements de précipitations intenses augmente les quantités d’eaux ruisselées à la surface, notamment en contexte urbain. Ainsi l’orage du 11 juin 2018 a provoqué de nombreux dégâts à Lausanne. La quantité record d’eau tombée a inondé des passages souterrains, abimé les revêtements des rues pavées et engendré des fuites d’eau dans certains bâtiments.
Depuis 1973, la température moyenne annuelle du Léman montre, par exemple, une tendance au réchauffement très marquée entre 0 et 10 m de profondeur, entrainant des modifications des milieux de vie de la faune et de la flore aquatiques.
Les menaces sanitaires sont exacerbées par les conséquences des changements climatiques. Ainsi par exemple, les vagues de chaleur estivales, la fumée émanant des feux de forêt, la sècheresse ou les inondations ont des effets négatifs sur la santé. En l’absence de mesures adéquates, elles peuvent même être fatales pour les personnes vulnérables.
Les changements climatiques génèrent un stress supplémentaire affectant la qualité des sols et la biodiversité, déjà en net recul en Suisse. La situation est critique pour de nombreuses espèces indigènes : 35 % d’entre elles sont éteintes ou menacées.
En juillet 2021, de fortes intempéries ont causé la crue de nombreux cours d’eau et le débordement du Lac de Neuchâtel, générant des dommages importants et des couts élevés pour les collectivités.
Les périodes de sècheresse génèrent un stress hydrique sur les plantes. Pour les surfaces herbagères, il arrive que ces conditions entrainent une baisse de rendement jusqu’à 40 %. Cela augmente la dépendance du canton à l’importation de matières premières agricoles.
Recouvert de glace depuis plus de 2'000 ans, le col de Tsanfleuron, proche des Diablerets, a refait surface en septembre 2022 en raison de la séparation des glaciers du Scex Rouge et de Tsanfleuron. Le recul des glaciers affecte le paysage, les propriétés géologiques du terrain ainsi que le tourisme.
Les changements climatiques, tout comme certaines mesures de politiques climatiques, font peser des risques socio-économiques sur certaines catégories de population. Il s’agit d’une part des répercussions possibles sur les couts des loyers, de l’énergie ou des denrées alimentaires, et d’autre part d’un risque d’accentuation de certaines inégalités en raison d’un manque de ressources pour s’adapter aux impacts.
Tous les projets communaux ne sont pas égaux face au climat. La vulnérabilité dépend de trois facteurs combinés :
l'exposition (où se situe le projet ?), la sensibilité (de quoi dépend-il ?), et la capacité d'adaptation (peut-on ajuster facilement ?).
L'adaptation consiste à ajuster nos systèmes naturels et humains pour minimiser les dommages ou exploiter les opportunités liées aux changements climatiques. Elle ne remplace pas la réduction des émissions de GES, mais elle est indispensable pour les changements déjà engagés. Elle est d'autant plus efficace qu'elle est anticipée, car certains dommages sont irréversibles.
La comparaison des scénarios climatiques (+1,5, 2, 3 °C en moyenne mondiale) permet d’évaluer les couts et risques supplémentaires pour la Suisse si les objectifs de l’accord de Paris ne sont pas atteints. Les mesures d’adaptation doivent être flexibles et modulaires pour s’adapter à des scénarios plus chauds, tout en assurant la transparence sur les risques et la sécurité. L’adaptation à un monde à +3 °C (i.e. +4,9 °C en Suisse) nécessitera des efforts considérables et des changements structurels.
C'est presque toujours moins couteux de prévenir que de réparer. Des couts d'adaptation sont déjà supportés aujourd'hui en Suisse — tunnel de drainage du lac glaciaire de Grindelwald (15 millions CHF), barrage de protection du permafrost à Pontresina (7,5 millions CHF) — comme illustration que l'inaction a aussi un prix.
Les communes, échelon institutionnel le plus proche de la population et du territoire, jouent un rôle crucial dans la protection des populations vulnérables face aux canicules et aux dangers naturels. Elles mettent en place des plans de prévention et d’intervention pour assurer la sécurité de tous et toutes. De plus, elles s’engagent activement dans la préservation et le renforcement des milieux naturels, tels que les eaux, les forêts, les sols et la biodiversité, tout en luttant contre les espèces exotiques envahissantes. La gestion des crises d’approvisionnement en eau est également une de leurs priorités. Enfin, les communes intègrent les enjeux d’adaptation aux changements climatiques dans leurs outils d’aménagement du territoire, garantissant ainsi durabilité et résilience.
L'atténuation des changements climatiques consiste à réduire les émissions de gaz à effet de serre et à renforcer les puits de carbone pour limiter l'ampleur du réchauffement climatique.
L'Accord de Paris (2015) vise à :
La Suisse s'est engagée à atteindre la neutralité carbone d'ici 2050. Pour y parvenir, les émissions de GES doivent être réduites de manière drastique dans tous les secteurs. Le rapport « Climate CH2025 » confirme que sans réduction rapide des émissions, les impacts climatiques en Suisse s'intentisifieront (canicules, sècheresses, précipitations extrêmes, etc.).
Chiffres clés :
Les principales stratégies pour réduire les émissions incluent :
La Suisse s'inscrit dans plusieurs accords internationaux :
La loi sur le CO2 constitue l'instrument principal de la politique climatique suisse. Elle définit :
La Stratégie énergétique 2050 vise à :
Les cantons suisses disposent de leurs propres législations et plans climat, notamment :
Les communes jouent un rôle crucial dans la mise en œuvre des politiques climatiques :
L'économie du Donut est un modèle économique développé par l'économiste Kate Raworth. Il propose un cadre visuel en forme de donut pour repenser l'économie et atteindre un développement durable et équitable.
Représente les besoins humains fondamentaux que personne ne devrait manquer :
Représente les limites planétaires à ne pas dépasser pour préserver les écosystèmes :
L'objectif est de vivre dans l'espace entre ces deux limites : au-dessus du plancher social (pour que personne ne manque de l'essentiel) et en dessous du plafond écologique (pour ne pas détruire les systèmes qui nous font vivre).
Le modèle du Donut peut guider les politiques publiques locales :
Plusieurs villes dans le monde ont adopté l'approche du Donut :
L'outil Boussole 21 s'inscrit dans cette logique en évaluant les projets selon trois dimensions interconnectées :